Yves TANGUY (1900-1955)

Lot 140
10 000 - 15 000 €
Résultats sans frais
Résultat: 22 000 €

Yves TANGUY (1900-1955)


Composition surréaliste, 1936.
Encre sur papier.
Signée, datée et dédicacée «A M.L. et J. MAYOUX LEUR AMI, YVES TANGUY».
54,3 x 40,7 cm.
Taches, feuille insolée, brunie et tout petit trou.
Provenance:
-Offert par l'artiste à Marie-Louise et Jehan Mayoux.
-Puis par descendance au propriétaire actuel.
Nous remercions monsieur Bill Duncan pour l'appréciation positive et les informations communiquées.
Ce dessin sera répertorié dans ses archives.
Yves TANGUY D'origine bretonne, fils de militaire, rien ne prédestine Yves Tanguy à la carrière que nous lui connaissons.
Au hasard des rencontres, il est d'abord sensibilisé à la peinture par le fils d'Henri Matisse, Pierre Matisse futur galeriste New-yorkais, qu'il côtoie au lycée Montaigne. Puis lors de son service militaire à Lunéville en 1920, il se lie d'amitié à Jacques Prévert.
C'est véritablement en 1923, alors qu'il est captivé par une peinture de Giorgio de Chirico, «Le Cerveau de l'enfant», alors exposé en vitrine de la galerie Paul Guillaume que son destin se dessine. Il sera peintre.
Autodidacte, ses premières oeuvres sont figuratives, il en détruira beaucoup, mais très vite il met au point un répertoire et un style très personnel peut-être d'abord influencé par les peintres espagnols dont Miró. Son vocabulaire, assez vite fixé, restera permanent tout au long de son oeuvre. Son esthétisme sera constant, intemporel, peuplé de formes énigmatiques à la fois êtres et objets ou machines. Lui-même conviendra que sa peinture est inexplicable.
Yves Tanguy raconte: «Aux alentours de 1924, je suis tombé sur le premier numéro de la Révolution surréaliste et cela m'a beaucoup intéressé. Pas tellement les oeuvres qui y étaient reproduites mais l'esprit général du contenu». Le lien avec les surréalistes va vite se tisser.
Lors d'un dîner en 1925 au Café Cosmos, il se lie avec Robert Desnos, très vite il rencontre Benjamin Péret et Aragon. Son plus grand ami sera André Breton, son guide et mentor, remplaçant son père très tôt disparu.
Dès 1926, une de ses oeuvres est reproduite dans La Révolution Surréaliste et ses peintures exposées à la Galerie surréaliste. En 1927 une exposition personnelle lui est consacrée. Il participe à toutes les manifestations du mouvement, aux jeux surréalistes et illustre de nombreux textes. Malgré tout, sa situation reste difficile et vit avec sa femme Jeannette dans un hôtel très modeste.
Après un voyage en Afrique du Nord en 1930 et 1931, assez peu documenté, Tanguy peint une série de paysages plateaux occupant une place à part. Puis il vient à une nouvelle organisation de ses compositions.
Les formes ne prolifèrent plus mais sont disposées en alignement au premier plan.
Notre tableau offert à Marie-Louise, épouse du poète Jehan Mayoux reste encore dans cette typologie de présentation; les «formes» composées avec minutie et précision, disposées presque en frise, se détachent sur un fond dégradé du gris au rose.
Même minutie et assurance du trait dans le grand dessin offert au couple trois ans plus tard.
Ces cadeaux témoignent de l'amitié rapidement partagée avec les Mayoux avec qui il passe ses vacances d'été 1935 en Bretagne.
Déclaré inapte pour la mobilisation il part en 1940 pour New-York, officiellement afin d'exposer à la Galerie
Pierre Matisse, officieusement pour rejoindre la peintre Kay Sage qu'il a rencontrée à Paris et qui a influé pour l'organisation de cette exposition. Il l'épouse en 1940. Le couple s'installe dans le Connecticut. Pierre Matisse lui assure une relative sécurité matérielle grâce à une rente mensuelle en sus des ventes.
Même après son départ pour les Etats-Unis, l'amitié de Tanguy envers les Mayoux restera sans faille. Une correspondance est entretenue avec Marie-Louise pendant la guerre, Jehan étant incarcéré en prison dès 1940.
Tanguy essaye de prendre des nouvelles de la famille. Marie-Louise, enseignante est mutée en Algérie avec son fils Gilles, les informations passent mal et Tanguy désespère de ne pas avoir de nouvelles. Il se propose d'aider la famille financièrement et renouvelle ses témoignages d'amitié: «[...] N'oublie pas que plus que jamais vous avez mon affection la plus tendre et je suis sûr que nous nous reverrons très prochainement.
Tendrement à tous deux de nous deux» (lettre envoyée de New-York à Marie Louise et Gilles, 4 avril 1941); «[...] je voudrais que vous sachiez que tous les jours je pense à vous, vous après tout, mes meilleurs amis. Tendrement» (lettre du 14 mars 1943 à Marie Louise). Il propose même d'accueillir Gilles aux Etats-Unis.
Après-guerre les deux amis se retrouvent lors de voyages du peintre en France, comme l'atteste la photo de 1953, deux ans avant sa mort.
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